Les phrases de Macron

Mise à jour de l’inventaire des petites phrases de Macron.

Un petit foutage de gueule, un petit classique de mépris, pour commencer ces nouveautés.

“Je pense que l’une des erreurs ou des faiblesses des dirigeants progressistes est de faire des réformes intelligentes avec un impact à long terme, mais une faible visibilité pour les citoyens”.

Très proche du trop intelligents, trop subtils de Gilles Le Gendre. A noter que là encore, progressiste = néolibéral en langage plus subtil.

Les autres nouveautés relèvent d’une méthode en 2 temps bien connue en politique du Vieux Monde : diaboliser ses opposants / nier ses responsabilités, quitte à nier aussi la réalité.

D’abord, assimiler les Gilets Jaunes à des casseurs : “penser que nous ne parlons que de citoyens normaux qui manifestent, c’est de la pure connerie* (bullshit dans le texte anglais)”. Ou encore : “pour la première fois nous avions un mouvement social avec un très haut niveau de violence. Un niveau unique.”

Pour ensuite légitimer l’ensemble des pratiques de maintien de l’ordre comme une réponse à la violence. Assez pratique pour évacuer la responsabilité politique :

« Je n’aime pas le terme répression parce qu’il ne correspond pas à la réalité » ; « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Quelques centaines de vidéos étaient déjà en ligne, des plaintes de manifestants déposées, des enquêtes menées.

«Après des semaines et des semaines, je constate qu’il n’y a eu aucun mort à déplorer du fait des forces de l’ordre». Zineb Redouane était décédée. L’enquête était en cours.

Autre phrase de diabolisation, des enseignants cette fois. Le choix des mots montre une fois encore la destruction du langage par la Macronie.

« On ne peut pas prendre nos enfants et leur famille en otages ». En Macronie donc, on ne peut pas parler de violences pour des gestes filmés, des coups de matraque, des tirs tendus de LBD, mais on peut parler de prise d’otage pour des copies non rendues. Comme le répète Florian Bachelier, les mots ont un sens !

Désolé l’inventaire, organisé autour de 10 grands thèmes, devient conséquent et plutôt pénible à la lecture.

Un mépris global des citoyens

“Je pense que l’une des erreurs ou des faiblesses des dirigeants progressistes est de faire des réformes intelligentes avec un impact à long terme, mais une faible visibilité pour les citoyens”.

« Faut proposer des vraies réformes, mais la vraie réforme, elle va avec la contrainte, les enfants ! Parce que si derrière on veut ceci, comment on le finance ? C’est pas open-bar ! Le bar c’est le nôtre. Ce qu’on boit et qui n’était pas sur notre compte, c’est nos enfants qui ne l’auront pas. »

Les Français sont des « Gaulois réfractaires au changement »

Un mépris profond des plus pauvres

“On a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort. Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés, au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté”

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

« Il y a dans cette société (Société GAD, Abattoirs) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »

« Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

« Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »

« Dans l’hôtellerie et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. »

“Moi là où j’habite, en traversant la rue, on en trouve [du travail]. Mais c’est pas le cas, partout !”

“Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent”

Une héroïsation du chef d’entreprise et des très riches

« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »

« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

Une révision complète du monde du travail

« Je dis aux jeunes : “ne cherchez plus un patron cherchez des clients”. »

« Je suis pour une société sans statuts. »

« Je n’aime pas ce terme de modèle social. »

« Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants. »

« Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés. »

« Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs. »

« Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. »

« Vu la situation éco. ne plus payer plus les heures supplémentaires, c’est une nécessité. »

« Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »

« Je vais faire un CICE durable. »

« Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une. »

Une diabolisation des opposants

« Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. » Pour qualifier les opposants à ces réformes.

« On ne peut pas prendre nos enfants et leur famille en otages. » Terme pour qualifier les enseignants retenant les copies du baccalauréat.

“Penser que nous ne parlons que de citoyens normaux qui manifestent, c’est de la pure connerie* (bullshit dans le texte anglais)” pour qualifier les Gilets Jaunes.

« Il faut maintenant dire que lorsqu’on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire. »

“Pour la première fois nous avions un mouvement social avec un très haut niveau de violence. Un niveau unique.” Toujours sur le mouvement des Gilets Jaunes.

Une négation de la réalité des politiques de maintien de l’ordre pour couvrir la responsabilité du politique

«Après des semaines et des semaines, je constate qu’il n’y a eu aucun mort à déplorer du fait des forces de l’ordre». Zineb Redouane était décédée.

« Je n’aime pas le terme répression parce qu’il ne correspond pas à la réalité »

« Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ».

Une relecture de l’Histoire et de la diplomatie

« La France est en deuil d’un roi. »

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Un sens des particularismes régionaux et nationaux

« L’’alcoolisme et le tabagisme [qui] se sont peu à peu installés dans le bassin minier. »

« C’est un Breton. Il y a des Bretons partout. Les Bretons sont un peu comme la Mafia en France. »

« Le kwassa-kwassa pêche peu ! Il amène du Comorien ! »

« Montrez-moi une femme qui a décidé, en étant parfaitement éduquée, d’avoir 7, 8 ou 9 enfants.»

Une manipulation des termes de droite et de gauche

« Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. »

« Le libéralisme est une valeur de gauche. »

« La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est. »

« Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »

Une vision particulière de la politique

« Être élu est un cursus d’un ancien temps. »

Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux. »

« Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs. »

« C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. »

« La politique, c’est mystique (…). La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. »