Les phrases de Macron

Nouvelle phrase du président de la République pour diaboliser le mouvement des Gilets Jaunes cette semaine, devant des élus du Grand-Est :

Il faut maintenant dire que lorsqu’on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire.”

Le simple fait de vous rendre dans une manifestation vous rend-il désormais complice de vos co-manifestants ? Et même complice… “du pire” ?

Le syndicat de la Magistrature, les rapporteurs de l’ONU, la Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe seront heureux d’apprendre que l’exécutif français ne tient pas compte de leurs rapports, mémorandum, communiqués etc… le président s’asseoit davantage sur le droit : le manifestant semble être désormais complice du casseur.

Par contre, juste après cette phrase choc, Emmanuel Macron reconnaît les difficultés de nombre de Français – ouf – mais il en déduit… qu’il faut “diminuer les impôts” ! Face à la crise du néolibéralisme, le Président de la République vous propose davantage de néolibéralisme. Voilà son sens de la réforme. Obstination néolibérale d’un président “pragmatique”.

De la politique intérieure, passons à la politique extérieure pour tomber encore plus bas ! Devant Netanyahou, plus que jamais isolé sur le plan diplomatique, Macron assimile antisémitisme et antisionisme.

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Comment peut-on dire une chose pareille ? Faute politique, erreur historique selon Dominique Vidal.

2 phrases donc à ajouter à cet inventaire !

 

Un mépris terrible des plus pauvres : travailleurs, chômeurs, gens des quartiers

“On a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort. Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés, au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté”
« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »
« Il y a dans cette société (Société GAD, Abattoirs) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »
« Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »
« Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »
« Dans l’hôtellerie et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. »
“Moi là où j’habite, en traversant la rue, on en trouve [du travail]. Mais c’est pas le cas, partout !”
“Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent”

 

Une héroïsation du chef d’entreprise et des très riches
« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »
« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

Un discours politique très à droite en revendiquant parfois la gauche
« Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. »
« Le libéralisme est une valeur de gauche. »
« Faut proposer des vraies réformes, mais la vraie réforme, elle va avec la contrainte, les enfants ! Parce que si derrière on veut ceci, comment on le finance ? C’est pas open-bar ! Le bar c’est le nôtre. Ce qu’on boit et qui n’était pas sur notre compte, c’est nos enfants qui ne l’auront pas. »

Un sens des particularismes régionaux et nationaux
« L’’alcoolisme et le tabagisme [qui] se sont peu à peu installés dans le bassin minier. »
« C’est un Breton. Il y a des Bretons partout. Les Bretons sont un peu comme la Mafia en France. »
« Le kwassa-kwassa pêche peu ! Il amène du Comorien ! »
« Montrez-moi une femme qui a décidé, en étant parfaitement éduquée, d’avoir 7, 8 ou 9 enfants.»

Une révision complète du monde du travail
« Je dis aux jeunes : “ne cherchez plus un patron cherchez des clients”. »
« Je suis pour une société sans statuts. »
« Je n’aime pas ce terme de modèle social. »
« Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants. »
« Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés. »
« Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs. »
« Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. »
« Vu la situation éco. ne plus payer plus les heures supplémentaires, c’est une nécessité. »
« Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »
« Je vais faire un CICE durable. »
« Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une. »

Une vision du droit, de la justice et du maintien de l’ordre
« Il faut maintenant dire que lorsqu’on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire. »

Une vision de l’Histoire
« La France est en deuil d’un roi. »
Les Français sont des « Gaulois réfractaires au changement »
« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Une vision de la politique
« Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »
« Être élu est un cursus d’un ancien temps. »
Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux. »
« Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs. »
« La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est. »
« C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. »
« La politique, c’est mystique (…). La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. »