Avis cinglant de l’agence de l’environnement sur le PLU de Vitré – retour sur une réunion publique

Mardi 16 octobre 2018 avait lieu la 3ème réunion publique portant sur le plan local d’urbanisme. Adrien Hubert et Gilles Renault étaient présents dans le public pour la France insoumise – Pays de Vitré.

Aujourd’hui, le collectif Vitré PLU Citoyen publie un post Facebook relatif à l’avis cinglant de la mission régionale de l’agence de l’environnement sur le PLU de Vitré. Nous avons fouillé dans nos archives, nous avions publié une partie de notre compte-rendu de la réunion, plutôt sur l’économie, mais pas la suite sur l’écologie

Les déclarations faites par le maire ce jour-là relevaient, à notre avis, d’idéologies obsolètes sur l’emploi, l’environnement ou l’agriculture. Voilà qui est confirmé aujourd’hui. Retour.

Le premier axe abordé lors de la réunion, ce soir-là, concernait le développement de l’offre d’habitat pour les prochaines années.

Anthony Morel, adjoint chargé de l’urbanisme, indique que l’équipe municipale table sur une croissance démographique de 1,25 % par an pour Vitré, dans les 10 prochaines années, comme lors les dix dernières, et pense nécessaire la construction de 135 logements, le tout en modérant la consommation foncière.

Le tout surtout, sans donner de chiffres sur la consommation foncière qui regroupe logement, zones commerciales et bâtiments industriels. Notre question est alors la suivante :

« Vous nous parlez de nouvelles perspectives, d’augmentation du logement, mais il n’y a pas de chiffres. Et le logement dans le Pays de Vitré ou en tout cas l’étalement urbain dans le Pays de Vitré, c’est 68 hectares par an. Comme vous n’aviez pas non plus donné les chiffres à la dernière réunion, nous les avons demandé au conseil général. Quand on regarde les chiffres de 2009 à 2013 on est à 68 hectares et à 69 jusqu’en 2015. Quelle est la volonté de réduire la destruction des espaces agricoles et dans quelle mesure elle va se faire au regard du fait que quand on regarde l’ensemble des données sur le département, on est très très loin des moyennes qui sont faites ailleurs ? »

Nous donnons les chiffres pour Fougères (29 hectares de consommation foncière) et de Combourg (40).

Anthony Morel nous répond que la volonté du conseil municipal est de diminuer de 25 % la consommation foncière et donc 135 logements tout compris à la fois en extension urbaine et en renouvellement urbain.

Une telle baisse de 25 % nous paraît faible au regard des enjeux agricoles, climatiques et des écarts bien plus importants avec d’autres territoires. Ce que nous faisons remarquer.

Pierre Méhaignerie intervient :

« J’aimerai avoir vos chiffres pour juger de la crédibilité quand vous transmettez ces chiffres. »

Gilles Renault répond :

« Oui ils sont publiés sur le site de la France insoumise depuis quelques mois ».

Réponse du maire :

« Oui la France Insoumise je connais… « 

Grandiose moment de démocratie. L’équipe municipale ne communique aucune donnée sur la consommation foncière lors des réunions du PLU. Et quand un mouvement politique apporte les chiffres au débat, chiffres du Conseil Général que nous espérons que Pierre Méhaignerie connaisse – l’inverse serait gravissime – , le maire raille le mouvement politique pour décrédibiliser les chiffres des services du département ! Grandiose !

Il s’en est suivi deux remarques que tout un chacun peut observer de lui-même : les terrains à vendre sont plus petits et les appartements se développent sur Vitré. Le maire indique alors que « les chiffres évoluent naturellement ». La magie du marché sans doute, sauf que les chiffres de consommation foncière ne baissent pas.

Puis vient ensuite une tirade d’une grande limpidité idéologique :

« Simplement je ne voudrais pas laisser certains dire Vitré consomme trop de terres agricoles, il ne faut plus que Vitré se développe économiquement parlant, il y a cette arrière pensée chez certains, je ferme ma parenthèse, et je veux dire 3 mots moi par rapport à ça. Le premier c’est de maîtriser les prix à Vitré. […] Pour maîtriser les prix il faut gonfler l’offre sinon les prix montent ».

Il semble plutôt que cette phrase soit très révélatrice de l’idéologie Méhaignerie : pour que Vitré se développe, il faut bien consommer de la terre ; pour réguler le marché, on doit surtout jouer sur l’offre.

Nous rappelons ici que Vitré Communauté a vendu 25 hectares à 6 euros le mètre carré à ITM pour la création d’une base logistique, secteur pourtant jugé peu porteur par les services de Rennes Métropole et de la région.

Nous rappelons ici que Vitré Communauté ne veut pas s’engager dans la mise en place d’un PLU à l’échelle intercommunale. Un PLU intercommunal a été mis en place par Rennes Métropole (plus de 80 communes) pour limiter la concurrence entre communes et la consommation foncière. Dans le Pays de Vitré, chaque commune fait ce qu’elle veut.

Mais ce n’est pas fini. Pierre Méhaignerie enchaîne:

« Je serai assez favorable pour dire qu’il faut mettre sur le marché pas trop tard, les 12 hectares que nous avons au sud de la crèche de la SVA. »

A voir la carte des projets de construction vitréens : Massonais, Haut-Fougeray, Boufforts, Maison Neuve, Ormeaux, Basse Gasniais, Claire Fontaine, Roncinière… il semble qu’il n’y ait à ce jour aucune volonté du maire de réduire la consommation foncière pour l’habitat ou pour l’économique. Ce que nous dénonçons pour des raisons climatiques et agricoles. Mais nous interrogeons sérieusement la viabilité économique d’une telle offre sur une zone d’emploi marquée par des emplois précaires, mal payés et dans des secteurs considérés comme peu porteurs.

Puis vient encore un peu de libéralisme, sur la loi Elan, loi dénoncée par Nicolas Hulot lors de sa démission, par les associations écologistes et les associations de personnes en situation de handicap.

Pierre Méhaignerie : « La loi ouvre une fenêtre d’opportunités, c’est la possibilité, […] de ne pas avoir d’avis conforme de l’architecte des bâtiments de France. […] mais un avis simple. […] Je partage, je trouve parfois excessif (ndlr : la protection du patrimoine par l’architecte des bâtiments de France) ».

L’architecte des bâtiments de France en prendra encore un peu pour son grade suite à une relance d’un citoyen présent. Pierre Méhaignerie renchérit : « Je suis d’accord et je dis Y en a marre ».

Et Anthony Morel évoquant un autre cas :

« On parle des Bâtiments de France mais c’est les services de l’État, moi j’aimerai bien qu’ils arrêtent de nous embêter avec des études à n’en plus finir pour pouvoir aussi avancer.

C’est bien connu. Nos économies occidentales connaissent des crises économiques, climatiques, environnementales liées au libéralisme, mais c’est en laissant les hommes politiques locaux faire ce qu’ils veulent chacun sur leur territoire que nous sortirons de ces crises.

Chers concitoyens, vous reprendrez bien un peu de libéralisme ? Ou il nous faut plutôt écouter les services de l’Etat ?