Soutien aux salarié-e-s d’Oberthur-Technologie

Communiqué de presse (23/03/2017).

Vitré Insoumise, groupe d’appui de la France Insoumise sur le pays de Vitré. Soutien aux salarié-e-s d’Oberthur-Technologie.

Les membres de Vitré Insoumise tiennent à renouveler leur soutien aux salarié-e-s d’Oberthur- Technologie, qui ont décidé hier soir de mettre fin à leur mouvement de grève initié il y a 10 jours.

Au terme de ce mouvement, force est de constater que la direction de l’entreprise a maintenu ses positions presque inchangées par rapport à la situation initiale : malgré une excellente santé financière et des bénéfices records, les salarié-e-s devront se contenter d’une « augmentation » limitée de leur rémunération (+25€ pour les salaires inférieurs à 1700€, +0.5% pour les salaires compris entre 1700 et 2900€, à quoi s’ajoute une modeste prime de 100€). C’est bien loin de ce qu’escomptaient les salarié-e-s. Leurs revendications nous paraissent d’autant plus légitimes que dans le même temps, on apprend que 10 managers de l’entreprise s’étaient octroyés 2.5 millions d’€ de primes (1.08 million pour le seul PDG). Au total dans cette entreprise, la rémunération la plus élevée représente l’équivalent de 84 fois le SMIC. Dans ces conditions, pas étonnant que les salarié-e-s n’aient plus que des miettes à se partager !

Clairement, la direction a misé sur l’épuisement des salarié-e-s pour qui la grève a un coût conséquent. Une caisse de grève a d’ailleurs été mise en place. Si vous en avez les moyens, nous vous invitons à participer à cet effort de solidarité : https://www.leetchi.com/c/solidarite- de-ludogobin.

Dans son communiqué de presse, la CFDT-OT Vitré interpelle les candidats à l’élection présidentielle sur les mesures qu’ils entendent prendre pour lutter contre les primes et salaires indécents. Aussi nous profitons de cette occasion pour rappeler les dispositions prévues en la matière dans le programme l’Avenir en commun et portées à l’élection présidentielle par Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise.

Pour nous, l’indécence se situe des deux côtés de l’échelle de salaires : il est indécent que le SMIC ne se situe que 100€ au-dessus du seuil de pauvreté, et cette indécence se fait plus criante encore quand en haut, certains s’octroient des rémunérations équivalentes à 84 fois le SMIC. En réponse à cela, nous proposons les mesures suivantes :

  • –  Augmentation des salaires via l’augmentation immédiate du SMIC (+16%) de manière à le porter à 1326€ nets pour 35h (chapitre 30, page 58). Nous veillerons ensuite à ce que cette hausse du SMIC se répercute sur l’ensemble des salaires, comme c’est généralement le cas.
  • –  Instauration d’un salaire maximum autorisé (chapitre 29, page 57). Au sein d’une même entreprise, la rémunération la plus élevée ne pourra excéder 20 fois le montant de la rémunération la plus faible. Nous reprenons là une des revendications phares de la confédération européenne des syndicats. Par ailleurs, parachutes dorés et retraites chapeaux seront interdits et les stock-options supprimés.Au-delà de ces questions, nous entendons agir contre la précarité au travail (chapitre 25, pages 53-54). Pour cela, nous instaurerons un quota maximum de contrats précaires dans les entreprises (10% pour les PME, 5% pour les grandes entreprises). Notons que dans le cas d’Oberthur, 25% des contrats sont des contrats précaires (CDD ou intérimaires). De plus, pour mettre fin à la course au moins-disant social et au chantage à l’emploi, nous abrogerons la loi

El Khomri (chapitre 24, page 53), nous mettrons en place un protectionnisme solidaire (chapitre 17, pages 46-47) et nous construirons une sécurité sociale intégrale : continuité des droits personnels hors du contrat de travail (formation, ancienneté, etc.), continuité de revenu garantie en cas de perte d’emploi ou de retrait d’activité, « droit opposable à l’emploi », etc. (chapitre 26, pages 54-55).

Par ailleurs, les salarié-e-s d’Oberthur nous alertent sur les mauvaises conditions de travail qu’ils subissent. C’est pour nous un sujet fondamental. En effet, la financiarisation de l’économie s’est traduit par le recours à des pratiques managériales qui cassent les employé- e-s, tant physiquement que psychologiquement. Nous voulons en finir avec la souffrance sociale et la souffrance au travail (chapitre 70, page 108). Pour cela, nous décrèterons la souffrance au travail « grande cause nationale », nous renforcerons la médecine du travail, nous reconnaitrons le burn-out comme maladie professionnelle, nous lutterons contre l’idéologie managériale et ses effets psychologiques et sanitaires, nous imposerons l’enseignement des sciences sociales et des risques psychosociaux dans les cursus de gestion/commerce/RH et nous ferons du nombre d’accidents du travail un critère de sélection dans l’accès aux marchés publics.

Pour terminer, nous ne pouvons que nous étonner du silence assourdissant de Mme Le Callennec, pourtant si prompte à défendre la rémunération des salariées lorsqu’elles s’appellent Pénélope Fillon. Les employé-e-s d’Orberthur travaillent réellement et leur peine à la tâche n’est pas fictive. Ne mériteraient-ils/elles pas autant de considération que Mme Fillon ?

Les membres du groupe d’appui Vitré Insoumise.

Contact :
Mickaël Hugonnet (Coordinateur Vitré Insoumise) 0678052387