Retour sur la conférence animée par Maguelone GIRARDOT

Lundi 15 octobre, Maguelone GIRARDOT répondait à l’invitation de l’association APUI, en donnant une conférence sur son expérience auprès de migrants, au cinéma l’Aurore de Vitré. Quelques uns d’entre nous se trouvaient parmi les spectateurs.

Maguelone GIRARDOT, jeune femme de 26 ans avec un CV extrêmement rempli, a pu nous faire partager son expérience. Après être passée sur les bancs de Science-Po Rennes, puis de la Sorbonne, elle effectue différents stages, dont un à Rabbat (Maroc) au Haut Commissariat de Nations Unies pour les Réfugiés, un autre à Akkar (Liban) auprès d’une ONG qui aide des réfugiés Syriens en Lybie et le dernier en date à Erbil (Irak) pour l’ONG REACH, qui apporte assistance aux communautés marginalisées d’Irak, suite au conflit qui règne dans le pays. Enfin Maguelone devient manager de la Radio Al-Salam à Erbil, de mars 2017 à juin 2018. Cette radio se veut locale, indépendante et multiethnique. Elle est dédiée aux réfugiés et aux personnes déplacées au Kurdistan irakien et est animée par des personnes de différentes communautés.

De retour en France depuis cet été, Maguelone travaille désormais pour le groupe France médias Monde CFI, qui agit pour favoriser le développement des médias en Afrique, le monde Arabe et en Asie du Sud-Est. L’association APUI agit sur le territoire de Vitré, depuis 2015, pour aider à l’accueil de familles de réfugiés. C’est dans ce cadre qu’elle a invité la jeune femme à témoigner sur son expérience, et apporter un éclairage sur l’histoire de ces réfugiés et ce qui les pousse à quitter leur pays. Des réfugiés kurdes d’Irak, pris en charge par l’association étaient également présents et ont pu raconter leur parcours.

Le constat est clair. Il y a trois raisons qui incitent les populations à migrer : la guerre, le contexte économique (qui entraine la famine, la frustration…) et les problèmes climatiques. La famille kurde nous a expliqué qu’en 2003, lors de la guerre du Golfe, elle n’avait pas quitté son pays car elle voulait le défendre. Le contexte de la nouvelle guerre qui frappe aujourd’hui l’Irak est différent. Il ne s’agit plus d’un pays qui est attaqué mais d’affrontements ethniques et religieux. Maguelone n’a pas hésité à utiliser le terme de génocide. Dans ce contexte ils ont choisi l’exil, en passant par des camps de réfugiés. Là bas aussi, dans les camps, les conditions de vie sont rudes et la peur domine. Comme nous le rappelle la conférencière, une vie toute entière que l’on abandonne, un passé, c’est difficile à endurer mais tant qu’il y a un avenir cela est possible… Sauf que dans ces camps il n’y a pas d’avenir, rien à l’horizon.

Maguelone GIRARDOT nous a aussi rappelé qu’il faut se méfier des effets de communication. Lors de son action en Irak, elle a eu l’occasion de rencontrer M. WAUQUIEZ. Celui-ci s’était rendu sur place pour se rendre compte du conflit mais au vu de son agenda et de ses déplacements, la jeune femme doute que M. WAUQUIEZ ait saisi la réalité des faits. Elle a su nous démontrer que sa visite auprès de la population chrétienne d’Irak avait été très bien orchestrée, pour qu’il en ressorte de beaux clichés pour les réseaux sociaux.

Que faire pour aider à notre échelle ? La jeune femme nous rappelle que chacun, à son niveau, peut agir : comme elle, se rendre sur le terrain, ou tout simplement en devenant bénévole d’association locale, par des dons, en changeant nos habitudes pour préserver la planète, par nos choix politiques… Aider ces personnes c’est les accompagner dans leurs démarches pour les aider à prendre un nouvel envol. Le but ultime étant l’intégration et l’autonomie.

Et comment la France doit répondre à la question de l’immigration ? Maguelone Girardot nous a rappelé que la France est loin d’être l’Etat qui accueille le plus de demandeurs d’asile. Les pays voisins de zones de conflit sont contraints d’accueillir la grande majorité des réfugiés. Un rapport publié en Octobre 2016, par Amnesty, cite l’exemple des réfugiés Syriens « Le Royaume-Uni a accepté de recevoir moins de 8 000 Syriens depuis 2011, tandis que la Jordanie – qui compte presque 10 fois moins d’habitants et dont le PIB ne représente qu’1,2% de celui du Royaume-Uni – en accueille plus de 655 000. Dans ce contexte « l’égoïsme des pays riches ne fait qu’aggraver la crise au lieu de la résoudre », estime Amnesty. Dernièrement, l’exemple de l’Aquarius est un exemple frappant du manque d’engagement de nos responsables politiques.

De plus, les accords commerciaux passée par la France avec des pays étrangers accroissent les inégalités et augmentent le réchauffement climatique. Notre pays a les pieds et poings liés par l’OTAN (29 États membres en Europe et Amérique du nord). Pour espérer changer les décisions internationales, il faudrait redonner à l’ONU (193 membres) une place prioritaire.