Les tweets de l’été de Christine Cloarec

Cet été, les publications sur le compte Twitter de Christine Cloarec ont relevé de la communication gouvernementale sur l’écologie – communication devenue totalement désastreuse suite à l’interview et à la démission de Nicolas Hulot -, d’un bashing intense à l’égard de Jean-Luc Mélenchon et d’incantations économiques classiques de la pensée néolibérale.

Nicolas Hulot a démissionné hier du ministère de l’écologie. « Je ne veux plus me mentir » affirme-t-il.

Il explique son incapacité à faire bouger ce gouvernement et cette majorité sur la transition énergétique, l’artificialisation des sols, la chute de la biodiversité, l’utilisation du glyphosate et autres produits nocifs en agriculture.

 

Pourtant que nous a dit Christine Cloarec cet été ?

Elle a vanté l’action de ce gouvernement en matière de lutte contre l’érosion de la biodiversité.

Mais aussi de lutte pour la sortie du glyphosate. Une lutte à laquelle elle a peu participé. Elle n’a pas pris part au vote relatif à l’interdiction du glyphosate dans 3 ans.

Par contre, elle n’a jamais cru à la diminution de l’artificialisation des sols souhaitée par le Ministre, puisqu’elle se félicite de la libéralisation des permis de construire. Contradiction classique de la Macronie !

Cela reste logique toutefois au regard de l’origine politique de notre députée. Christine Cloarec est toujours élue de Vitré Communauté, collectivité championne de l’étalement urbain.

Bref, Christine Cloarec a soutenu la comm’ du gouvernement relative à une action politique à laquelle le ministre n’a jamais cru. Tous les spécialistes environnementaux alertaient sur l’absence de considération du gouvernement pour les problèmes écologiques cités ici. A croire que Christine Cloarec se faisait une idée de la politique environnementale à travers les tweets de Brune Poirson.

 

En premier lieu, le compte Twittter de Cristine Cloarec est  un relais de communication pour l’action du gouvernement. Mais aussi parfois pour le président Macron. Et là cela frise l’idolâtrie. Tweet au printemps :

 

Le deuxième grand axe du compte Twitter de notre député, cet été, réside dans le Mélenchon Bashing.

Quelle obsession… à défaut d’argumentation ! Toujours les mêmes thèmes : engagement politique en raisons d’élections perdues et d’un esprit de revanche, utilisation de l’idéal européen… Mais Laurent Wauquiez, Marine Le Pen, Olivier Faure n’ont pas les faveurs de notre députée. Toutefois, il est intéressant de voir Christine Cloarec reprendre Aurore Bergé critiquant la constance de l’engagement politique de JLM – Aurore Bergé, soutien en 10 ans de Fillon, Sarkozy, Juppé et Macron n’en ayant aucune – et le manque d’expérience en entreprise de JLM. Pourquoi reprendre cet argument bateau au possible de la connaissance du monde de l’entreprise au regard du parcours professionnel de Christine Cloarec ?

Ce qui est dommage par contre, c’est que nous n’avons JAMAIS une réponse à nos arguments. Faire du Mélenchon Bashing, pas de souci pour Mme Cloarec. Répondre à ses opposants politiques, jamais.

Pas de réponse sur sa loi ORE et ses évolutions. Pas de réponse sur les pratiques de ses camarades parlementaires. Pas de réponse sur ses croyances économiques. Pas de réponse sur son attachement politique à droite. Pas de réponse sur les conséquences locales des ordonnances au code du Travail qu’elle a votées. Pas de réponses sur ses votes lors de la niche parlementaire de la FI relatifs à la fin de vie, au burn out…

Une absence de débat politique que nous regrettons.

 

Le troisième axe relève de la simplification de la  réalité économique pour justifier une pensée néolibérale classique. Pensée qui n’a pourtant plus à démontrer sa capacité de nuisance.

Lundi, Christine Cloarec, à l’occasion des déclarations du Premier Ministre sur le budget 2019, s’est fendu de ce tweet sur la politique économique du gouvernement.

 

Des mots vides de sens. Ou plutôt vidés de leur sens par l’action politique du gouvernement.

« Favoriser le travail ». Ce gouvernement a allégé les impôts sur le capital de près de 40% en volumes. Il a donc très largement favorisé la rente plutôt que le travail. Ces mots servent également souvent à relayer l’idée de droite conservatrice, selon laquelle chômeurs et pauvres bénéficieraient de conditions avantageuses. Qui ne les encourageraient pas à travailler. Si l’idée de Christine Cloarec est celle-ci quand elle utilise ces mots, qu’elle le dise plus clairement mais nous nous faisons beaucoup de souci pour la mission relative à la juste prestation sociale qui lui a été confiée.

« Rétablir l’équilibre des comptes publics », « Baisser la pression fiscale ». Les réductions des impôts des plus riches amènent à une baisse de la recette publique de 3%. Drôle d’équilibre. La pression fiscale est abaissée sur les plus riches. Les ménages modestes paient plus de TVA et d’impôts sur le revenu en volume. Leur pression fiscale n’est pas baissée. Ce graphique d’Alternatives Economiques illustre parfaitement l’action du président des riches et les votes de Mme Cloarec. Limpide.

 

« Protéger les plus fragiles ». Comment protéger les plus fragiles avec des services publics moins dotés ? Baisser les recettes de l’Etat diminue la qualité des services publics et ne permet pas de protéger les plus fragiles. Si Mme Cloarec pense qu’infirmiers, enseignants, policiers, juges, greffiers, contrôleurs des impôts, inspecteurs du travail, travailleurs sociaux peuvent faire plus avec moins, qu’elle le dise là aussi clairement. Enfin, l’action du gouvernement sur l’année écoulée a amené à l’augmentation du nombre des plus fragiles. Le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 20 000 foyers français en un an ! Difficile de protéger davantage de personnes en difficulté avec un budget en baisse, non ?

Nous continuons donc à croire que les électeurs de notre circonscription méritent un tout autre débat démocratique que ces tweets non argumentés sur la politique économique, tapageurs sur l’action du gouvernement, idolâtres sur le Président de la République ou stériles sur le jeu politique. Et à montrer que localement comme nationalement d’autres politiques sont possibles, même indispensables face à l’urgence sociale et écologique.