Les phrases de Macron

Macron a eu cette semaine une nouvelle phrase sur la natalité africaine.
Une recherche internet, la reprise d’un classement existant de Gérard Filoche, un regroupement par thème et nous voilà en mesure de publier un inventaire non exhaustif des « petites phrases d’Emmanuel Macron ».
Évidemment elles sont toutes « sorties de leur contexte. Et cela ne veut rien dire ». Nous donnons déjà ici l’argument massue des macronistes, qu’ils ne se donnent pas la peine de trop chercher. Nous aurons peut-être droit aussi à des « Il n’a pas exactement dit ça ». Enfin, il y a tout de même une très grande constance dans les idées !

Un mépris terrible des plus pauvres : travailleurs, chômeurs, gens des quartiers
« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »
« Il y a dans cette société (Société GAD, Abattoirs) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »
« Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »
« Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »
« Dans l’hôtellerie et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. »

 

Une héroïsation du chef d’entreprise et des très riches
« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »
« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

Un discours politique très à droite en revendiquant parfois la gauche
« Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. »
« Le libéralisme est une valeur de gauche. »

Un sens des particularismes régionaux et nationaux
« L’’alcoolisme et le tabagisme [qui] se sont peu à peu installés dans le bassin minier. »
« C’est un Breton. Il y a des Bretons partout. Les Bretons sont un peu comme la Mafia en France. »
« Le kwassa-kwassa pêche peu ! Il amène du Comorien ! »
« Montrez-moi une femme qui a décidé, en étant parfaitement éduquée, d’avoir 7, 8 ou 9 enfants.»

Une révision complète du monde du travail
« Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients ». »
« Je suis pour une société sans statuts. »
« Je n’aime pas ce terme de modèle social. »
« Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants. »
« Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés. »
« Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs. »
« Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. »
« Vu la situation éco. ne plus payer plus les heures supplémentaires, c’est une nécessité. »
« Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »
« Je vais faire un CICE durable. »
« Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une. »

Une vision de l’Histoire
« La France est en deuil d’un roi. »
Les Français sont des « Gaulois réfractaires au changement »

Une vision de la politique
« Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »
« Être élu est un cursus d’un ancien temps. »
Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux. »
« Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs. »
« La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est. »
« C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. »
« La politique, c’est mystique (…). La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. »