Les Gilets Jaunes à la base ITM : petit rappel sur la base d’Erbrée !

Les Gilets Jaunes ont tenu un blocage filtrant durant l’intégralité du week-end dernier à la base ITM d’Erbrée. Ce lieu nous paraît être un symbole du fonctionnement de l’économie vitréenne, marqué par la politique de l’offre. Nous avions déjà parlé politique de l’offre avec Unissous-nous.media : la vidéo diffusée sur Lactalis et Vitré Communauté a été visionnée plus de 2 000 fois !

Avant toute chose, rappelons que Vitré accueille 7 fois plus d’emplois industriels que la moyenne nationale. Pourquoi ? Terrains bradés, fiscalité basse et peu de mouvements sociaux… jusqu’à aujourd’hui semble-t-il !

Intéressons-nous plus particulièrement à l’installation d’ITM.

Rappel des faits :

  1. Depuis 2005, ITM Logistique supprime des centaines d’emplois par un procédé simple : de nouvelles bases automatisées vont permettre de diminuer la « masse salariale ». Un premier plan prévoyait près d’un millier de suppressions de postes pour 2010. Puis un nouveau plan visait 440 suppressions de postes en 2015, et encore 120 en 2018. Etant donné que de nouvelles bases devaient ouvrir et d’autres fermer, ITM mettait en concurrence les collectivités pour obtenir les conditions les plus avantageuses. En clair, ITM s’implantera dans les communes les plus offrantes, communes qui pour certaines peuvent perdre les emplois existants. C’est ce qu’on appelle même s’il n’est que rarement fait de manière explicite, le chantage à l’emploi.

 

 

2.   Malgré son taux de chômage faible, Vitré marche à fond dans le chantage à l’emploi et veut absolument sa nouvelle base. Pas question de donner l’image d’un territoire qui laisse partir les entreprises. Pas question non plus de solidarité entre territoires, notion que P. Méhaignerie utilise au gré de ses envies. Pour ITM à Vitré, c’est le tapis rouge ! Vitré Comm brade à cette entreprise qui licencie un emplacement idéal pour des activités de logistique : 25 hectares au bord d’un échangeur de la voie express, pour 6 euros du mètre carré. Imbattable. Pas de considérations pour le foncier agricole, pas d’exigence sur le devenir de l’ancienne base…

2.3- 2013 05 24 Délibération conseil communautaire

 

3.  La construction de la base ITM est réalisée en faisant appel de manière importante au travail détaché. Nous rencontrons un groupe de travailleurs bulgares cet été. Ils nous indiquent être 35 sur le chantier de la base. L’inspection du travail du département  confirme également que la base ITM d’Erbrée est un lieu de déclaration de nombreux travailleurs détachés au printemps et à l’été dernier.

Lors du blocage samedi, des gilets jaunes nous ont indiqué avoir assisté à un défilé de voitures étrangères, ce dont le directeur ne s’est pas caché lors d’échanges avec les vitréens mobilisés. Il s’agit des travaux de construction de la partie de la base non terminée, a-t-il déclaré. Les entreprises sous-traient des parties du chantier et les sous-traitants font appel au travail détaché.

Suppression de postes, terrain acheté à peu de frais… ITM continue sur sa lancée en tirant sur les prix de la construction.

Durant l’été, nous avons contacté l’ancienne directrice de site et le directeur Grand Ouest, sur les conditions d’emploi des travailleurs détachés sur le chantier. Nous n’avons jamais eu de réponse.

4.  Désormais, la base ITM a de grandes difficultés à recruter. Les conditions de travail et la rémunération ne sont pas satisfaisantes pour les travailleurs vitréens ? Alors quelle est la prochaine étape de l’histoire de cette base sur le territoire ? Le recrutement de travailleurs détachés pour la préparation de commande ?

Dans sa vision totalement idéalisée de l’emploi vitréen, Pierre Méhaignerie répond à nos questions en défendant l’idée selon laquelle le rapport de force entre employeurs et salariés s’inverse ces derniers mois en faveur du salarié sur le territoire. Il affirme « les entreprises ne trouveront personne si elles n’améliorent pas les salaires ou les conditions de travail ». Cette fable du ruissellement, nous n’y croyons pas tant Vitré n’est pas déconnecté d’une situation nationale critique et d’une législation européenne permettant le recours au travail détaché. Mais nous serons fixés rapidement. Soit ITM suit les conseils de l’élu politique qui a tout permis à l’entreprise, soit ITM fait le choix du travail détaché.

Nous rappelons pour conclure cet article qu’une consultation est lancée auprès des salariés vitréens sur leurs conditions de travail, leurs salaires et le recours au travail détaché. Pour participer, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous.

Enquête sur les salaires et les conditions de travail dans le Pays de Vitré