Le sursaut climatique du Pays de Vitré

Le rapport du GIEC a été commandé par les gouvernements de la planète pour évaluer la faisabilité d’un contrôle du réchauffement climatique à 1,5°. Les scientifiques concluent que cette possibilité est envisageable à la condition d’ « efforts sans précédents ».

Maxime Combes, spécialiste de la transition énergétique, synthétise les autres enseignements du rapport ainsi.

Aurélien Barrau, astrophysicien, rappelle la trajectoire sur laquelle nous sommes.

Christophe Cassou, climatologue au CNRS, rappelle la responsabilité de tous nos élus politiques, commanditaires du rapport à travers leurs gouvernements respectifs.

Aujourd’hui, où en sommes-nous dans le Pays de Vitré sur cette question climatique ?

 

8,75 tonnes équivalent CO2 par habitant

Voilà le bilan carbone de chacun des 80 000 habitants du Pays de Vitré. Ce chiffre est obtenu par la division du total des émissions du territoire évalué lors du dernier Plan Climat Energie par le nombre d’habitants du territoire.

La moyenne nationale est à 7,3 tonnes équivalent CO2.

Les émissions se répartissent par secteur selon le diagramme suivant.

Face à ce bilan carbone médiocre, que font nos décideurs politiques locaux ?

Le plan Climat Energie du territoire 2013-2017 a été mis en place dans la concertation avec les spécialistes locaux et une agence spécialisée. La qualité du document produit a été saluée par l’ensemble des acteurs.

Durant l’ensemble de la période, seulement 2 réunions de suivi, regroupant les acteurs du plan, ont été réalisées. Le travail d’évaluation du plan de Vitré Tuvalu à mi-parcours n’a pas été entendu.

Suite aux demandes d’associations locales, l’agglomération a répondu que le plan Climat Energie 2013-2017 ne sera pas évalué. Chacun pourra regarder les mesures contenues dans le plan et évaluer lui-même l’absence de mise en œuvre de nombreux points.

L’année 2018 s’achève sans plan redéfini, année blanche, mais Vitré Communauté communique sur le prochain plan qui visera l’obtention d’un label !

Au-delà de la définition d’un plan, la question climatique s’évalue au regard des autres projets portés par les décideurs politiques.

De quoi est-il question aujourd’hui dans les actes et projets de Vitré Communauté ?

  • De construire une rocade à Vitré et à Chateaubourg. Si les embouteillages liés au choix d’urbanisme des deux villes sont réels, les réponses apportées sont d’un autre temps.
  • De brader les terres agricoles, puits de carbone (les végétaux l’absorbent en quantité variable et modeste), pour artificialiser les sols, créer des logements ou des entrepôts. Le ciment représente aujourd’hui 5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, le résidentiel (chauffage principalement) 10% des GES du territoire.
  • De poursuivre la politique de l’offre à l’intention des entreprises agro-alimentaires conventionnelles. Ces entreprises agro-alimentaires fonctionnent aujourd’hui sur un modèle d’agriculture intensive à très faible marge, augmentant le nombre de têtes du cheptel et la production, spécialisant les agriculteurs dans l’élevage ce qui implique l’importation de l’alimentation du bétail, diffusant ses produits par la route dans des circuits longs.
    • L’agriculture, l’élevage principalement, est responsable de 52% des émissions de GES du territoire (l’agriculture capte un tiers de ses émissions). Le fret 8%.
    • La production laitière du département a augmenté de 5,8 % de 2000 à 2010.
    • Et ce n’est pas fait au nom de l’emploi. 39 % des exploitations laitières de la petite région agricole ont disparu sur la même période.

Cette politique est simplement irresponsable. Mais elle ne sera pas éternelle, elle est déjà obsolète.

Des communes proches de nous ont pris des décisions importantes sur le sujet climatique. Rennes et 33 communes avaient signé la convention des maires fin 2010. Vitré Tuvalu y consacre une pétition pour pousser les maires du territoire à signer. Rennes Métropole s’engage dans la rédaction d’un PLU intercommunal pour gérer cette question sans concurrence entre communes. Vitré Communauté s’y refuse, ce qui augmente l’artificialisation des sols. Langouët a décidé de sortir des énergies fossiles. Vitré n’a pas engagé de programme de production d’énergies renouvelables. Sur un autre sujet environnemental lié, Bruz utilise 80 % de produits bio pour ses cantines.

Face à cette inaction locale, que faire ? Si comme nous le dit le rapport du GIEC, chaque semaine, chaque mois compte, les citoyens concernés ou engagés dans les luttes écologiques peuvent se retrouver autour d’un enjeu local, immédiat et partagé : il n’est pas possible que les dernières années de mandat de Pierre Méhaignerie voient le cumul de mesures, actions, réalisations relevant d’un cadre de pensée inadapté au XXIème siècle.

Pour ce faire, 3 axes d’action immédiate sur le plan climatique apparaissent au plan local :

  • L’action individuelle des citoyens : le site ilestencoretemps.fr recense des applications d’évaluation des impacts climatiques de nos gestes quotidiens, des actions individuelles possibles, des réseaux à rejoindre au regard des aspirations individuelles. Nous ne cachons pas ici que l’urgence climatique impose des modifications des modes de vie profondes. Voiture, avion, viande, chauffage, alimentation, consommation, construction… Le rapport du GIEC parle bien d’efforts « sans précédent ».
  • L’expertise locale existe, elle est aujourd’hui quasiment ignorée. Les recommandations de Vitré Tuvalu à mi-plan n’ont pas été entendus par les élus politiques. Les prochaines doivent l’être impérativement. Ces recommandations et celles d’autres experts doivent être relayées, communiquées, amplifiées de manière à ce que la pression des citoyens relative à la question climatique pèse sur les élus. Nous, membres de la France Insoumise – Pays de Vitré, nous y engageons.
  • Les initiatives de sensibilisation et de mobilisation des citoyens sur le territoire apparaissent. Vitré Tuvalu a réalisé cette pétition sur la Convention des Maires – le nombre de signataires montre une préoccupation forte des vitréens – et prépare d’autres actions. Pass Pas Sud2 s’engage contre la rocade de Chateaubourg. Sur un autre sujet environnemental, NousVoulonsDesCoquelicots, en un appel à rassemblement vendredi, a réuni 20 personnes pour l’interdiction des pesticides place de la gare à Vitré. Nous appuierons et participerons à titre individuel à ces initiatives de sensibilisation.

Les citoyens conscients des enjeux doivent réaliser ce sursaut climatique du Pays de Vitré !