La question de la formation et l’analyse de Pierre Méhaignerie

Pierre Méhaignerie livre son analyse sur l’enseignement et la formation française dans cet article du Journal de Vitré :

Tout en haut de la pile : la formation. Pour Pierre Méhaignerie, président de Vitré communauté, elle permettra de gagner « la mère des batailles », qu’est l’emploi. À condition, insiste l’ancien ministre, de « ne pas la laisser aux mains du mammouth qu’est l’Éducation nationale ».

 

Ne nous attardons pas sur le terme de la comparaison que nous croyions oublié.

Rappelons pour commencer à M. Méhaignerie son action sur le plan de l’éducation à Vitré.

La ville de Vitré après des années d’errements et d’absence de décision politique a mis en place une carte scolaire des écoles primaires publiques l’an dernier, laissant trop longtemps s’accroître les inégalités scolaires sur le territoire. Cet outil est la mesure phare à disposition des mairies et n’a pas été utilisée précédemment.

La ville de Vitré a également choisi de laisser pendant 3 ans les écoles privées et publiques sur des fonctionnements différents. L’organisation des temps d’accueil périscolaires pour les élèves des écoles publiques vitréennes relevait des compétences de la mairie pendant ces 3 ans. La mairie avait l’occasion ici de prendre la main, mais l’investissement est resté bien mince et M. le Maire peut remercier les ADSEM des écoles de la ville de leur dévouement.

Rappelons ensuite que le débat sur la formation vaut bien plus que l’utilisation de cette image d’Epinal d’une entreprise accompagnant le jeune dans une logique pragmatique, et de ce cliché d’une Education Nationale bureaucratique et déconnectée.

La France Insoumise – Pays de Vitré avait rencontré Philippe Randal, professeur au LP La Champagne de Vitré pour débattre de ces questions plus complexes que Pierre Méhaignerie ne le laisse entendre : exposition de l’élève en apprentissage aux aléas d’un contrat professionnel, équilibre entre formation qualifiante et générale permettant l’insertion à court et à long terme, prise en compte dans l’offre de formation des métiers d’aujourd’hui et de demain.

La formation est également en plein chamboulement face à la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. Qu’est-ce qu’en pense M. Méhaignerie ? Souhaite-il plus de sélection à l’entrée à l’Université ? Trouve-il normal que l’Université de Rennes 2, où des dizaines de jeunes vitréens se rendront l’an prochain, soit la 4ème université la moins dotée de France ? Trouve-t-il normal que pour les 800 000 jeunes inscrits sur ParcourSup il n’y ait que 650 000 places ? Le gouvernement communique sur les 22 000 places créées et défend sa réforme comme une avancée après des années d’abandon de l’Université lors des mandatures précédentes. Quelle a été l’action de Pierre Méhaignerie pour la formation à l’Université pendant ces années où il était député ?

Nous ne nous rappelons pas non plus, avoir entendu M. Méhaignerie s’insurger contre les budgets de l’Education Nationale quand il était député. A-t-il alors voté contre sa majorité politique sous les mandats de Chirac et Sarkozy amenant à la suppression de 100 000 postes d’enseignants ? Nous n’en retrouvons pas trace. Ces choix politiques nationaux n’ont pas été sans conséquences pour l’accompagnement et la réussite des élèves de 3ème à 30 par classe dans les collèges de la ville et des élèves de 2de à 36 par classe au lycée Bertrand d’Argentré, deux niveaux clés de l’orientation. Cette année, les élèves respirent en 2de au lycée, ils sont… 32 !

Nous avons par contre retrouvé trace de son abstention au vote du budget 2012 de l’Education Nationale… Les suppressions de postes n’étaient alors pas le problème.

Ces questions d’éducation et de formation méritent une toute autre considération que l’emploi de tels clichés devant les chefs d’entreprise locaux. La presse fait état des nombreuses rencontres entre Pierre Méhaignerie et ces derniers. Sans doute que si M. Méhaignerie rencontrait davantage d’enseignants, il éviterait de caricaturer ce sujet.

De son côté, la France Insoumise défend la création de postes dans l’enseignement et dans l’enseignement supérieur, combat la nouvelle loi sur l’accès à l’enseignement supérieur, et promeut des parcours de formation diversifiés, permettant l’immersion en entreprise, mais placés sous la responsabilité de l’institution scolaire, seule garante de la la protection des jeunes.